05.06.2010
Polar en Flandre
Présentation du blog
L’autre polar belge, celui qui nous vient de Flandre, commence à franchir la frontière. Grâce aux éditions Albin Michel, on a découvert Pieter Aspe qui figure parmi « les 50 auteurs qui comptent aujourd’hui » du récent numéro hors série du Magazine littéraire consacré au genre policier (juillet-août 2009). Dans Le Monde des Livres du 21 août 2009, Gérard Meudal a consacré un article aux dernières aventures du commissaire Van In publiées en français (« Grabuge à Bruges », critique de La Quatrième Forme de Satan, trad. Michèle Deghilage & Emmanuèle Sandron, Albin Michel). Les éditions Luce Wilquin publient pour leur part des romans de Bob Mendes : La Force du feu & Les Diamants du sang (trad. Emmanuèle Sandron). Un ou deux thrillers politiques de Jef Geeraerts sont également disponibles (Opération Sigma sur la Belgique, trad. Marie Hooghe, Hatier, 1987 ; L'Ambassadeur, trad. Marie Hooghe, Syrtes, 2002). Mais bien d’autres Flamands écrivent des polars, des thrillers, des romans noirs, des romans à suspense, voire des pièces de théâtre policières.

Ce blog se propose d’en présenter un certain nombre ainsi que leurs livres qui méritent d’être connus à l’étranger (les contributions sont les bienvenues). Une place sera également faite à quelques aperçus historiques sur le roman à suspense en Flandre. Sans oublier quelques clins d’œil aux Flamands de France.
Daniel Cunin
12:15 Publié dans Présentation | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : roman, polar, thriller, belgique, flandre, traduction, littérature
Polar jeunesse : Raspoutine
Quand des hommes se réincarnent en marionnettes

Guy Didelez (source : embee.be)
De l’immense production de l’auteur jeunesse et scénariste flamand Guy Didelez, retenons le roman policier Raspoetine (Raspoutine, 1987), primé et réédité régulièrement depuis plus de 20 ans (le plus récemment aux éditions Abimo). Cette histoire qui s’adresse aux collégiens narre les aventures de Bram, Sofie en Bert. Ces ados décident de mener une enquête sur Peter, leur nouveau camarade de classe qui ne manque pas de les
intriguer. Ce garçon plutôt réservé s’est attiré les foudres d’un de ses professeurs à cause de son bégaiement. Mais Peter cache en réalité certains talents et même des pouvoirs plutôt inquiétants. Lui qui éprouve des difficultés à s’exprimer correctement se révèle être un excellent ventriloque - un don que lui a transmis son père disparu dans des circonstances mystérieuses. De ce père, il a également hérité de vieilles et sinistres marionnettes avec lesquelles il vit dans une bien étrange demeure. L’une de ces marionnettes, celle qui a une tête de Raspoutine, ne serait-elle pas la réincarnation d’un défunt ?
L’amitié qu’éprouve le trio pour Peter va-t-elle permettre à ce dernier de dé- couvrir les tenants et les aboutissants de la mort de son père et de se libérer du mauvais sort que quelqu’un semble avoir jeté sur lui ? Que va-t-il advenir du professeur qui joue au tyran avec ses élèves et dont Peter souhaite la mort ?
***
Raspoutine a été traduit en suédois et en norvégien. À l’époque, le roman a reçu le prix du meilleur polar flamand, récompense en principe uniquement décernée à des livres destinés à un public d’adultes.
À ce jour, alors que plusieurs de ses ouvrages sont traduits en allemand, un seul est disponible en français : Bons baisers d’Andromède (trad. Martine Bom, CERA, Namur, 1998). Il s’agit en réalité de l’un des nombreux titres qu’il a écrits en collaboration avec le touche-à-tout Patrick Bernauw.

autre édition de Raspoutine
12:15 Publié dans Polar Polar | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : polar jeunesse, guy didelez, littérature, raspoutine, flandre
29.05.2010
Dame Voltaire à Anvers
Les polars de Hubert van Lier

Hubert van Lier, Anvers Place Verte, 2009
Après une vie professionnelle bien remplie, après avoir aussi créé avec Geo Geerts l’Academie voor Schrijfkunst et dirigé la revue culturelle Deus ex-Machina ou encore l’Association des Auteurs de polars flamands, Hubert van Lier se consacre à l’écriture. Ses livres sont publiés aux éditions Kramat et Artus.
Montrant une sensibilité pour les questions écologiques, l’auteur, né dans un quartier d’Anvers en 1938 et resté fidèle à sa ville, met en scène dans ses romans une juge d’instruction surnommée Voltaire. Petra Van Geninde, ainsi qu’elle s’appelle en réalité, forme un tandem anversois avec son compagnon, le commissaire Marnix Van Velthoven, et ce depuis Voltaire en de zaak Chemalo (Voltaire et l'affaire Chemalo, 2000). Tous deux nous entraînent dans les arcanes de lobbies qui manœuvrent au sein de l’Union européenne (Voltaire en de Europese Unie, 2001), à la poursuite de trafiquants de médicaments qui soudoient un membre d’une société pharmaceutique (Voltaire en de Chinese Connectie, 2006) ou encore dans l’univers du trafic d’alcool : Voltaire en de Vodkawraak (Voltaire et la Vengeance de la Vodka, 2004).
Anvers – en particulier son port mais aussi certains lieux chargés d’histoire –, forme le décor des aventures du duo auquel vient se joindre l’inspecteur nonchalant Jan Wieme. Une belle place est accordée à différentes mafias (russe, chinoise, ukrainienne) qui étirent leurs tentacules dans la cité portuaire. Parallèlement, Hubert van Lier attribue un rôle important à des « Anversois moyens ». Ainsi, dans Volaire en de Vodkawraak, une jeune Flamande se trouve contrainte de travailler pour des mafieux russes : elle paie pour le passé de son père retraité, un passé sur lequel ce dernier se montre plutôt discret. Dans son dernier polar, Antwerpen Groenplaats (Anvers Place Verte, 2009), c’est un enseignant plutôt terne qui se trouve mêlé par hasard aux agissements de criminels. Il va tenter de se sortir du pétrin sans faire appel à la police si bien qu’on ne retrouve la magistrate Petra et le commissaire Marnix qu’à la fin de l’histoire. Le dénouement se déroule tout près de la cathédrale, sur la célèbre Place Verte, un ancien cimetière. Le romancier parvient à tenir sur toute la longueur du livre la même intensité alors qu’il se satisfait d’une seule trame et n’intègre pour ainsi dire aucun flash-back.
Bien souvent, dans ses livres, Hubert van Lier laisse le rôle de personnage principal à l’intrigue elle-même. Les dialogues bien menés et recélant une certaine dose d’humour, revêtent une grande importance de même que le changement permanant de perspective narrative. Du polar en apparence plutôt classique, mais efficace.
Hubert van Lier a également écrit une pièce policière en en trois actes : Het beloofde land (La Terre promise, 2009).
Écoutons-le évoquer brièvement ses romans, sa ville et le polar flamand

Voltaire et la maffia chinoise
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